RFID: Une révolution technologique en marche ?

Science actualité Mardi 3 Novembre

Une petite puce grosse comme une tête d'épingle pourrait bien envahir d’ici peu notre

quotidien. Intégrée dans des étiquettes « intelligentes », elle permet de communiquer à

distance avec les objets ! Une technologie de traçabilité baptisée RFID qui inquiète les

organisations de protection des libertés individuelles…

* Un code barre « intelligent »

Elles sont presque invisibles mais promettent de révolutionner notre quotidien. A l’honneur

lors du Forum de la Traçabilité et de la RFID qui s’est récemment tenu à Paris pendant la Semaine

Européenne des Technologies de l’Information, les étiquettes « intelligentes » ont d’ores et déjà

convaincu les industriels. Meilleure gestion des stocks, réduction des coûts, protection anti vols…

ceux-ci y voient le moyen d’optimiser la traçabilité des marchandises tout au long de la chaîne de distribution,

depuis l’entrepôt jusqu’au passage en caisse. D’autant que chaque étiquette présente un numéro de série unique

permettant l’identification et le suivi de l’objet de manière individuelle.

Pour les consommateurs, ces étiquettes électroniques offriraient également de nombreux avantages.

Celui, par exemple, d’éviter la file d’attente à la caisse des supermarchés grâce à l’identification à distance

du contenu des caddies par simple balayage radio !

* Une puce et une antenne...

Dotée d’une puce contenant jusqu’à 512 bits de mémoire et d’une antenne réagissant aux ondes radio, ces étiquettes

électroniques permettent en effet de communiquer à distance les informations qu’elles contiennent. Et ce sans l’intermédiaire

d’aucune pile ou courant continu, ni même d’un lecteur optique comme c’est le cas pour la lecture des codes barres.

Une performance désormais possible grâce à une technologie de radio identification à distance : la RFID ou

« Radio Frequency Identification ».

* De nombreuses applications…

Le transport reste le secteur le plus investi par la technologie RFID : aujourd’hui 30 villes européennes sont déjà équipées de tels

systèmes. La technologie est d’ailleurs bien connue des usagers du métro parisien qui l’utilisent via leurs cartes de transport sans

contact telles que « Navigo ».

Mais les progrès de la miniaturisation et la réduction des coûts de fabrication des puces ouvrent désormais de larges perspectives à

cette technologie dans de nombreux domaines de la vie courante… D’ores et déjà envisagée dans le recyclage afin de faciliter le tri des

déchets par les robots, elle l’est aussi dans l’alimentation pour contrôler la température des aliments. Elle apparaît en outre comme un outil

infaillible pour le contrôle des fraudes. Et pourrait également se glisser dans nos cartes de paiement, et même dans nos cartes d’identité !

* Comment contrôler l’usage de la technologie RFID ?

Plusieurs solutions théoriques permettraient de contrôler l’usage des étiquettes RFID, mais leur mise en œuvre reste parfois problématique.

La plus simple semble être de permettre la désactivation des puces à la sortie des magasins. La CNIL recommande d’intégrer, dès la fabrication,

un dispositif technique garantissant la neutralisation du système RFID ainsi qu’un système de visualisation simple de l’état, actif ou non, de la puce.

Par ailleurs, l’association allemande de protection des consommateurs, FoeBuD, est en train de mettre au point son DataPrivatizer, un petit appareil

portatif permettant le repérage des puces cachées dans les produits... Mais l'essentiel reste l’encadrement juridique de cette technologie.